Agglo: peut mieux faire!

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Agglo: peut mieux faire!

Passées largement inaperçues pendant les élections municipales, les nouvelles modalités de fonctionnement des agglomérations constituent une réforme majeure pour l’avenir. Pour la première fois, les conseillers communautaires ont été élus au suffrage universel direct et les élus d’opposition des communes font leur entrée au sein des conseils communautaires, obligeant à un fonctionnement plus démocratique et plus transparent de ces conseils.

Réunissant 14 communes, près de 110.000 habitants, disposant d’un budget d’environ 100 millions € et de compétences majeures par exemple en matière de transports urbains ou de développement économique, la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine (CAMVS) est appelée à jouer un rôle croissant. Les réformes territoriales en cours l’amplifieront.

Dans ces conditions, la confusion qui a régné autour de la tenue de la première séance du conseil communautaire mardi 29 avril montre que l’équipe en place n’a visiblement pas mesuré l’impact de ces changements :

  • Il aura ainsi fallu pas moins de deux convocations reçues à mon domicile le même jour pour permettre la tenue du premier conseil communautaire. La première le fixait le lundi 28 avril à 20h30, l’autre le mardi 29 avril à 18h.
  • Plusieurs Maires avaient choisi d’organiser les conseils municipaux en parallèle du conseil communautaire, obligeant les élus communautaires et municipaux à jongler entre les deux conseils.
    Au Mée, l’une des communes concernées, où se tenait le débat budgétaire, le Maire, pourtant vice-président de l’agglomération Melun Val de Seine, a même refusé de décaler de quelques minutes le conseil municipal pour nous permettre de participer à l’ensemble de ce conseil. Si nous-mêmes avons eu quelques minutes de retard, cela a également pénalisé les propres élus de sa majorité qui ont rejoint le conseil municipal avec plus d’une heure de retard.
  • Le conseil communautaire, largement déserté, est alors devenu très confus, nul ne s’y repérant dans les pouvoirs laissés par les uns et les autres. Il aura fallu ainsi s’y reprendre à trois fois pour l’élection de l’un des conseillers délégués.

Mais au-delà de cette mise en place chaotique, la désignation du nouvel exécutif de l’Agglomération a mis en évidence un certain nombre de faiblesses. S’il est souhaitable d’associer l’ensemble des communes à la gouvernance de la CAMVS, on aurait pu espérer une plus grande hauteur de vue de la part de certains élus :

  • le vote sur les vice-présidents a mis en lumière les divisions au sein de la majorité de droite de l’Agglomération. L’un des nouveaux vice-présidents a ainsi été élu avec seulement 31 voix sur 68!
  • pour la parité, il faudra attendre: alors que 45% des élus communautaires sont des femmes, sur les 13 vice-présidents, 2 seulement sont des femmes, soit 15%.
  • le discours du nouveau président, Louis Vogel a été marqué par un grand flou. Ce fut notamment le cas sur la question des franchissements de Seine, pour laquelle chacun connaît notre opposition au pont aval qui menace le bois de Bréviande.


Pour notre part, nous préférons travailler sur des projets au service d’une agglomération innovante et qui place les habitants au cœur de sa démarche. Les sujets ne manquent pas qu’il s’agisse de l’amélioration des transports publics, du développement économique de notre territoire, de la mise en valeur de la Seine ou du travail à mener avec Sénart.

Avec mes collègues des communes voisines, Pierre Herrero, Maire de Vaux Le Pénil, François Kalfon, candidat à Melun, Nicolas Alix, candidat à Dammarie les Lys, mais aussi Jacky Laplace et Lionel Walker, conseillers généraux de notre territoire, nous avions d’ailleurs fait des propositions communes pour une agglomération porteuse de projets. Vous les retrouverez dans l’article paru le 19 mars sur ce blog « Agglo, Mode d’emploi ».

C’est aussi pour cela que nous formons le vœu que la confusion qui a régné lors de ce premier conseil communautaire ne soit rapidement qu’un mauvais souvenir.