Etre élu, c’est aussi défendre des valeurs

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Etre élu, c’est aussi défendre des valeurs

Le Mée fait partie des quelques communes (avec Meaux, il est vrai) à conserver le nom d’Alexis Carrel au fronton de l’une de ses voiries. Au cours des dernières années, des villes aussi différentes que Paris ou Gatineau au Québec mais aussi l’Université de Lyon ont décidé de remplacer le nom de ce médecin, proche du régime de Vichy, par un nom plus conforme à nos valeurs républicaines.

Mercredi dernier, au moment même où nous décidions d’attribuer le nom de Nelson Mandela à l’une de nos rues, j’ai souligné le paradoxe qu’il y avait à maintenir le nom d’Alexis Carrel sur l’un de nos squares et demandé qu'un autre nom soit choisi..

Le Maire du Mée s’y est refusé, prétendant que les habitants y étaient opposés.

Débaptiser un lieu public est certes un exercice délicat qui exige l’accompagnement des riverains. Faut-il encore que les élus aient le courage et la volonté de leur donner toutes les informations.

N’est-ce pas en effet notre rôle d’expliquer et de convaincre ? En tant qu’élus, ne devons-nous pas défendre des valeurs que l’on croit justes même lorsque c’est difficile ?

Le nom d’Alexis Carrel n’est en effet pas anodin. Sans nier son talent médical récompensé par un Prix Nobel en 1912, quelques-uns de ses propos rappelés ci-dessous suffisent à témoigner de sa pensée.

Dans son ouvrage « L’homme, cet inconnu » (1935) il précise quelques points de son programme et par exemple : « substituer des concepts scientifiques de la vie aux anciennes idéologies ; développer harmonieusement dans chaque individu toutes ses potentialités héréditaires ; supprimer les classes sociales et les remplacer par des classes biologiques, la biocratie au lieu de la démocratie …».

Il indique également que « par une éducation appropriée, on pourrait faire comprendre aux jeunes gens à quels malheurs ils s'exposent en se mariant dans des familles où existent la syphilis, le cancer, la tuberculose, le nervosisme, la folie, ou la faiblesse d'esprit »

Comme si cela ne suffisait pas, il ajoute dans une traduction de la préface à l'édition allemande de « L'Homme, cet inconnu », en 1936 : « En Allemagne, le gouvernement a pris des mesures énergiques contre l'augmentation des minorités, des aliénés, des criminels. La situation idéale serait que chaque individu de cette sorte soit éliminé quand il s'est montré dangereux »

Ces quelques phrases suffisent à souligner qu’il y a quelque chose d’incongru à vouloir concilier les noms de Nelson Mandela et d’Alexis Carrel dans une même ville.