Précipitation et improvisation au menu du dernier conseil communautaire de l'Agglo

Publié le

Précipitation et improvisation au menu du dernier conseil communautaire de l'Agglo

Dans quelques jours, le 1er janvier, la Communauté d'Agglomération Melun Val de Seine (CAMVS) comptera deux communes de plus : Pringy et Saint-Fargeau-Ponthierry. Cette extension de périmètre se fait dans la précipitation et sur fond de tractations aussi opaques que défavorables aux habitants de l'agglomération dans sa forme actuelle.

Lundi 7 décembre, au Conseil communautaire, pas moins de 5 délibérations portant sur ce sujet ont été débattues. L'improvisation dans laquelle elles avaient été préparées a conduit à une séance ubuesque.

- Premier exemple avec les documents remis sur table lors de l'étude de la délibération sur les conditions de la dissolution de la Communauté de Communes Seine-Ecole : le rapporteur se noie dans ses explications, dit agir sous la pression et avoue finalement ne pas avoir pris connaissance de tous les documents qu'il présente ... Ce qui conduit à une demande de suspension de séance à l'initiative d'une partie de l'exécutif !

- Deuxième exemple avec le retrait d'une délibération illégale sur les indemnités des élus communautaires de la future instance, présentée au mois de décembre, alors que la nouvelle assemblée ne sera installée que le 13 janvier prochain...

Tout au long de cette séance, notre groupe d’élu(e)s « Pour l’Agglo, Un souffle nouveau » n’a pu que constater le déséquilibre dans le montage ayant présidé au rapprochement avec les communes de Saint-Fargeau-Ponthierry et Pringy. La "corbeille de la mariée" a été sérieusement garnie pour appâter les Maires des deux communes :

- La majorité communautaire a déclaré lundi 7 décembre la Base de loisirs située en partie sur le territoire de Saint-Fargeau-Ponthierry d'intérêt communautaire... tout en annonçant dans le même temps … qu’elle n’était pas transférée ! Un double langage qui n'a d'autre objectif que de répondre à un engagement politique pris pour faire plaisir au Maire de Saint-Fargeau-Ponthierry. Mais il ne fait aucun doute qu'à terme, l'agglomération devra assumer le coût de cet équipement (400 000 € annuels), ainsi que sa nécessaire réhabilitation (non-chiffrée mais dont on sait d'ores et déjà qu'elle pourrait s'élever à plusieurs millions d'euros).

- Le partage des actifs de la Communauté de Communes Seine-Ecole se fait au profit des deux communes concernées, qui récupèrent notamment les bâtiments. Même l'Hôtel communautaire de Seine Ecole devient propriété de Pringy, bien que situé à Saint-Fargeau-Ponthierry. En revanche, la nouvelle Communauté d'Agglomération Melun Val de Seine devra, elle, s'acquitter d'une partie de la dette laissée par la collectivité dissoute.

- Il y a encore quelques semaines, le Syndicat Seine-et-Marne Numérique ne présentait aucun intérêt pour la CAMVS, qui avait préféré confier à un opérateur privé le développement de la fibre optique sur son territoire. Changement de cap surprenant lors de la séance du conseil communautaire, puisque l'agglo est désormais adhérente du syndicat ! Mais uniquement pour que ce dernier développe la fibre sur Saint-Fargeau-Ponthierry et Pringy, alors que c'est l'ensemble des habitants de la CAMVS qui devront y contribuer. En attendant, les petites communes et les secteurs isolés voient leur attente se prolonger et la fibre n'y arrivera pas avant plusieurs années, leur raccordement étant peu rentable pour l'opérateur, et donc non-prioritaire.

Espérons que les prochaines extensions de périmètre qui se profilent dès 2017 ne donneront pas lieu à la même opacité, au détriment de la population et de l'intérêt général, mais permettront plutôt l'expression d'un débat serein et constructif, ouvert à l'ensemble des citoyens et non réservé à un petit cercle d'élus et d'experts.