A la rencontre des commerçants

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J’ai failli tomber de ma chaise lors des vœux de la municipalité aux agents municipaux. Dans la longue litanie des auto satisfecit que le Maire s’est décernée figurait la situation des commerces au Mée.

 

La méthode Coué a certainement du bon quand on a besoin de se convaincre soi-même. Mais elle n’est peut-être pas la méthode la plus efficace en matière d’action publique.

 

C’est d’abord passer un peu aisément sous silence les conséquences de la crise économique et sociale pour de nombreux Méens. Comment ignorer que la baisse du pouvoir d'achat freine la consommation et rend les fins de mois difficiles pour de nombreux habitants ?

 

C’est aussi fermer les yeux sur la réalité des commerces au Mée. A croire que certains n’y font jamais leurs courses… il suffit pourtant de fréquenter les commerces de la Ville pour constater les boutiques qui ferment, la multiplication des emplacements libres sur le marché créé il y a moins d'un an, ou la disparition de deux des quatre maisons de la presse en à peine deux ans.


librairie croix blanche 

Avec Nathalie Jovin, nous avons voulu en avoir le cœur net : nous sommes allés le weekend dernier à la rencontre des commerçants de l’allée de la Gare et de la Croix Blanche. Un dialogue dont ils ont été friands et auquel se sont joints certains de leurs clients.

 

Loin des réponses toutes faites, ils nous ont fait part de leurs soucis et de leurs attentes.

 

Il y a bien sûr la crise qu’ils subissent de plein fouet et les intempéries de ce début d’année.

 

Mais les spécificités locales affleurent rapidement.

 

Allée de la Gare, c'est l'incertitude qui domine avec le projet de renouvellement urbain. La destruction d'immeubles ne va-t-elle pas entraîner une baisse du nombre de clients? Que vont devenir les commerces menacés de destruction? Les travaux ne vont-ils pas générer des nuisances? Autant de questions qui demeurent sans réponse. Sollicité par une salariée de l'un de ces commerces, j'avais moi-même interrogé l'Adjoint au Maire en charge de ce dossier sur les conséquences de ce projet pour les commerces du Mée, avec pour seule réponse un simple accusé de réception.

 

Croix Blanche, c'est la dégradation du centre commercial qui revient: insécurité grandissante, commerces fermés, absence de perspectives… La politique de préemption de fonds de commerce votée en 2007 ne paraît pas produire d’effets. La commune dépense de l'argent pour racheter des fonds de commerce mais semble dans l'incapacité de trouver des repreneurs. Résultat: de l'argent public dépensé et des commerces qui demeurent désespérément vides….

 

Le devenir du marché et la suppression des illuminations de Noël sont revenus dans de nombreuses bouches.

 

Le marché? Beaucoup d’habitants ont l’impression qu’il n’a pas été conçu pour eux mais pour une catégorie limitée d’habitants. Résultat: des prix élevés, un marché peu fréquenté et des emplacements vides. La municipalité en place avait ironisé lorsque nous avions sollicité une véritable étude de marché pour en déterminer la fréquence, la localisation ou la spécificité. Elle s’en mord probablement les doigts aujourd’hui en ayant pris le risque de décrédibiliser durablement la perspective d'un marché  dynamique au Mée.

 

La politique commerciale? Personne ne paraît avoir compris la suppression des illuminations dans la commune et leur soi-disant remplacement par des animations commerciales qui se résumaient à l'installation de quelques chalets …. Le prétexte du développement durable fait au mieux sourire car habitants comme commerçants sont bien conscients des difficultés financières de la commune.

 

Dès le conseil municipal du 1er octobre dernier,   nous étions intervenus sur ces dossiers. Plutôt qu'un saupoudrage des aides au profit d'opérations "paillettes", une politique cohérente doit être engagée en faveur des commerces du Mée.

 

Ceci nécessite d’abord de rompre avec la méthode Coué et d’accepter de faire un état des lieux transparent de la situation du commerce au Mée.

- transparence et concertation sur le devenir des commerces menacés par le projet de renouvellement urbain,

- bilan des préemptions effectuées et état des reconversions opérées,

- évaluation précise du marché un an après son ouverture (fréquentation, prix, diversité des commerces…),

- état des lieux de la signalétique….

 

Une première étape pourrait être de réunir régulièrement la commission municipale « commerces » qui n’a été réunie qu’une fois en près de deux ans.

 

A plus long terme, cela passe bien sûr aussi par du pouvoir d'achat supplémentaire pour les Méens, ce qui suppose des politiques plus justes au niveau national comme local.