Avec les lycéens de George Sand

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Samedi 20 mars, j'ai consacré mon après-midi, comme je le fais chaque année depuis quatre ans à former bénévolement les lycéens de George Sand qui préparent Sciences Po dans le cadre de la convention "ZEP". Cette convention permet à des lycéens issus de quartiers populaires d'intégrer cette grande école à laquelle ils n'auraient pas pu accéder sinon.

 

Même si cette filière ne peut à elle seule constituer une réponse aux inégalités qui continuent à traverser le système scolaire, j'ai la conviction qu'elle contribue à leur réduction en permettant à des lycéens talentueux de faire des études qu'ils n'auraient pu suivre sinon, en ouvrant des perspectives d'avenir à tous les candidats et en redorant l'image d'établissements parfois contestés. L'existence d'une telle convention "ZEP" peut rejaillir sur l'ensemble du lycée en montrant à tous les lycéens qu'ils ont des perspectives de réussite et qu'ils ne sont pas condamnés à revoir leurs ambitions à la baisse parce que leurs parents sont moins huppés que d'autres.

 

Si je m'investis chaque année dans cette préparation, c'est aussi parce que ces jeunes sont attachants et qu'ils ont une véritable soif d'apprendre, contrairement à ce que l'on entend trop souvent. Les liens que j'ai gardés avec les lycéens que j'ai formés les années précédentes, qu'ils aient ou non intégré Sciences Po, constituent pour moi une véritable source de satisfaction

 

Samedi, nous étions trois à interroger six futurs candidats. Chacun d'entre eux a préparé un dossier de presse sur un sujet particulier, qu'il s'agisse de la situation en Afghanistan, du port de la burqa ou de la situation du Parti Socialiste (et oui:-)) pour ne citer que quelques exemples. Le candidat en restitue l'essentiel avant d'être amené à répondre à des questions ayant pour but de préciser tel ou tel aspect du dossier ou de répondre sur des aspects plus personnels, comme par exemple leur motivation pour préparer Sciences Po.

 

Certes leur niveau est inégal mais leur envie de réussir est étonnante. Se présenter devant un tel jury quand on a à peine 18 ans, et alors que le système scolaire n'y prépare guère, témoigne d'un véritable cran. Il faut également une grande maturité pour présenter des sujets complexes comme "l'arme nucléaire en Iran" ou "les hommes politiques et la justice" avec un minimum de recul et en évitant les poncifs.

 

De telles séances sont au final très formatrices, tant pour les élèves que pour les examinateurs que nous sommes. Car si nous leur transmettons des connaissances, ils nous donnent de leur côté une belle leçon de résistance à la résignation.

 

En consacrant un peu de mon temps à ces élèves, j'ai la conviction de mettre mes actes en accord avec mes idées. Je sais en effet pour ma part ce que je dois à l'école. Engagé à gauche, je pense en effet que l'éducation ne doit pas être réservée à quelques-uns. Elu du Mée, j'ai fait le choix d'être au côté des habitants et de les aider concrètement, loin du bling bling que privilégient certains.