"Grand Paris": Le Mée doit-il être absent du débat?

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Jeudi dernier se tenait à Melun un grand débat sur le projet de métro automatique du "Grand Paris"

 

A horizon 2023, ce projet doit redéfinir le réseau de transports de notre Région. Indépendamment de leurs étiquettes politiques, les responsables des principales collectivités de notre territoire y participaient: le Président du Conseil général, le Président de la communauté d'agglomération, le Président de la ville nouvelle de Sénart, le Maire de Melun… Les élus du Mée, quant à eux, étaient-ils seulement présents? Je fus en tout cas le seul élu méen à prendre la parole (1).

 

La mobilisation conjointe des élus et des habitants est pourtant indispensable lorsqu'il s'agit de défendre notre place dans la Région capitale. Sauf à penser que nos communes puissent  vivre en autarcie.

 

Or le projet soumis au débat jeudi soir est lourd de conséquences pour l'avenir de la région melunaise, largement oubliée du projet de Grand Paris tel que l'ont imaginé le Président de la République et le Gouvernement et dont ce projet de métro automatique constitue le principal élément.

 

De quoi s'agit-il?

 

Le projet de métro automatique qui nous a été présenté est un métro à grande vitesse composé d'une double boucle de 155 km reliant les principaux pôles stratégiques franciliens (ou plutôt ceux que l'Etat considère comme tels). Sont ainsi concernés la petite couronne mais aussi Roissy, Saclay ou Noisy/Champs. Il privilégie donc les territoires que l'Etat entend favoriser économiquement au détriment des territoires plus éloignés. Enfin, l'objectif de mise en service est fixé à 2023.


Ce projet souffre de trois faiblesses majeures:

 

- Il ignore totalement le sud Seine et Marne, et en particulier notre territoire. La Société du Grand Paris qui défendait le projet a pourtant prétendu qu'une interconnexion pourrait se faire avec le RER D à Vert de Maisons, ignorant peut-être que cette gare se situe déjà à presque 40 minutes en train du Mée. Un Méen présent à mes côtés a, quant à lui, souligné le risque de voir s'accroître les inégalités entre les territoires desservis par ce métro et ceux qui comme le notre ne le seraient pas.

- La modernisation des transports actuels risque d'être pénalisée par l'importance des financements nécessaires pour ce projet de métro automatique. C'est le point sur lequel j'ai pour ma part plus particulièrement insisté. Utilisateur régulier du RER D, je connais en effet le ras le bol des voyageurs qui ont l'impression de subir une triple peine: les temps de trajet les plus longs, les suppressions de trains, les tarifs les plus élevés. Comment dans ces conditions accepter qu'on trouve des milliards pour un nouveau métro alors qu on laisserait le réseau actuel se dégrader et qu'on remettrait à plus tard le développement de transports en commun en site propre?

- Ses financements sont incertains. L'estimation varie aujourd'hui entre 21 et 24 milliards € alors que chacun sait que l'Etat est exsangue. Ou va-t-on les trouver?

 

Ces insuffisances largement soulignées par les participants au débat (élus, associations, habitants…) auront-elles ébranlé les auteurs de ce projet? Peut-être pas. Mais nous aurions été coupables de ne pas porter ainsi la voix de nos communes.

Je défends pour ma part une vision plus équilibrée du développement de nos territoires.

 

Les secteurs les plus riches de l'Ile-de-France ne peuvent continuer à bénéficier de l'essentiel des infrastructures quand notre agglomération et Sénart, voire le reste de la Seine-et-Marne sont laissés à l'écart du développement.

 

La conception injuste de l'aménagement du territoire régional qui nous est proposée correspond d'ailleurs à une vision dépassée. Nous devons au contraire rapprocher les emplois et l'habitat. Nous devons développer les transports publics en "grande couronne" pour limiter l'usage de la voiture. Nous devons enfin nous appuyer sur la diversité des  atouts de notre région.

 

Pour ma part, élu du Mée j'ai à cœur de défendre cette vision d'un territoire qui, au-delà de notre commune, constitue notre bassin de vie. Je le fais avec d'autant plus d'entrain que cela rejoint des valeurs qui me sont chères: celles de l'égalité entre les territoires et entre les habitants.

 

Ce travail, bien éloigné des paillettes, peut paraître aride à certains. Il s'agit selon moi d'une facette essentielle de l'action municipale car elle traduit la vision que nous avons de l'avenir de notre ville et de ses environs.

 
(1) Ma présence aura permis de ne pas laisser la voie libre aux promoteurs du projet de contournement autoroutier de Melun. Le Maire de Melun  a en effet tenté d'utiliser la tribune qui lui était offerte pour remettre sur la table ce dossier. J'ai été le seul élu dans la salle à m'exprimer contre ce projet qui défigurerait le Bois de Bréviande.