L'eau au Mée: un bien menacé?

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été 2010 Chavenon 001Tout le monde ne le sait peut-être pas, mais la consommation en eau des particuliers et des collectivités fait actuellement l'objet de limitations au Mée, comme dans de nombreuses communes de Seine-et-Marne. Un arrêté préfectoral encadre, voire interdit, certains usages comme le lavage des véhicules en dehors de certaines stations services, l'arrosage des espaces verts et des pelouses, le remplissage des piscines privées ou l'alimentation des fontaines publiques en circuit ouvert.

 

Hier ressource a priori inépuisable, l'eau devient progressivement une denrée rare, nous obligeant à en maîtriser la consommation. Notre responsabilité individuelle et collective est donc engagée. Ceci est également vrai au Mée alimentée par la nappe de Champigny, pourtant le plus grand gisement d'eau potable d'Ile-de-France. Alors que son niveau normal est de 53 mètres, il était tombé à 46,7 mètres au 31 décembre dernier, son niveau historique le plus bas. Des hivers insuffisamment pluvieux, des prélèvements trop importants, mais aussi l'utilisation de pesticides contribuent à la dégradation de notre approvisionnement en eau.

 

Chacun à titre individuel peut agir pour préserver cette ressource indispensable à la vie en restreignant par exemple sa consommation (en privilégiant la douche au bain par exemple).

 

Mais les collectivités ont un rôle particulier à jouer.

 

Sait-on par exemple que les comptes de notre commune ont révélé une augmentation de 74% de sa consommation en eau en 2009? Et que la réponse qui nous a été apportée au conseil municipal lorsque nous avons soulevé la question est que cette augmentation était liée à l'existence de fuite! Mais alors comment comprendre dans ce cas que le budget 2010 présenté par le Maire ait prévu une nouvelle augmentation de la consommation en eau (+7%)? Si la consommation en eau avait effectivement explosé du fait de fuites, leur résorption devrait permettre de revenir à un niveau plus raisonnable. Or, c'est tout le contraire qui s'est passé…

 

Afin de mieux maîtriser notre consommation de fluides, l'adaptation de nos installations et de nos bâtiments est indispensable pour les rendre plus compatibles avec les objectifs du développement durable. C'est d'ailleurs cette même logique qui nous avait amenés à proposer lors du débat budgétaire du 31 mars dernier (voir sur ce blog la page: "Interventions sur les finances municipales au conseil municipal du 31 mars 2010") d'investir dans l'isolation des bâtiments municipaux. Sans succès malheureusement...

 

Nos collectivités peuvent aussi agir en veillant à une bonne information de la population ou en privilégiant, elles aussi, le recours systématique à des produits propres pour leur entretien. La campagne d'affichage "Zéro Pesticide pour l'entretien des 4500 km de routes départementales" initiée par le conseil général, montre la voie à suivre.

 

Pour ma part, je n'oublie pas en effet le chemin parcouru en quelques années. Alors proche collaborateur de Vincent Eblé, Président du conseil général de Seine-et-Marne, j'avais été, dès 2005, l'un des initiateurs du Plan Départemental de l'Eau, signé un an plus tard. Nous n'étions pourtant pas si nombreux à l'époque à penser qu'il y avait urgence à faire de l'eau un axe prioritaire de l'action publique.

 

Le bilan effectué il y a quelques semaines de ce plan départemental, à l'initiative de l'ensemble des acteurs de ce dossier, montre néanmoins que malgré une situation préoccupante, des premiers progrès ont été réalisés. A titre d'exemple, le nombre de seine-et-marnais soumis  à des restrictions d'usage (notamment pour les femmes enceintes et les nourrissons) du fait d'une eau non conforme a diminué de près de 60% entre 2006 et 2009.

 

C'est une goutte d'espoir. Raison de plus pour redoubler d'efforts.