Main courante ....

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PhotopoliceSamedi après-midi, je me suis rendu au commissariat de Melun pour déposer une main courante à la suite de commentaires désobligeants et inquiétants laissés sur mon blog[1].

 

Le poste de police du Mée n'étant pas ouvert en permanence, nombreux sont les habitants de la commune qui  se rendent à Melun pour témoigner des incivilités ou délits dont ils sont victimes: problèmes de voisinage, vols, agressions, petits trafics …

 

Chacun le sait, la politique de sécurité menée sur un plan national ne s'est guère montrée efficace. Bien au contraire, les délits n'ont pas disparu et les atteintes aux personnes ont augmenté. Et je crains que les annonces de l'été de MM Sarkozy et Hortefeux n'y changent rien. Comment imaginer que l'élargissement des cas de déchéance de la nationalité, ou l'expulsion de Roms qui reviendront en France dans quelques semaines, puissent apporter une quelconque réponse aux difficultés de notre commune. Inefficaces sur le plan des délits, ces gesticulations politiciennes ne font que jeter le discrédit sur notre pays, patrie des droits de l'homme, comme le montre Gérard Bernheim, conseiller général du canton du Mée, dans l'article publié sur son blog que je vous invite à lire ( http://www.bernheim.eu )
 

Pourtant, il ne saurait être question de laisser les choses se dégrader plus longtemps. Et je comprends par exemple l'inquiétude des commerçants et des riverains de la Croix Blanche qui en appellent au Maire pour redresser la situation. Pour ma part, je défends l'idée que la sécurité est un droit indissociable de la défense des libertés publiques. A ce titre, je suis partisan d'une présence renforcée des polices nationale et municipale sur le terrain. De la même façon, je me suis étonné au conseil municipal du fort recul des crédits accordés à la police municipale (en recul de 38% en 2009 par rapport à l'année précédente!) et je regrette que les agents de cette même police municipale ne soient pas toujours affectés aux tâches les plus prioritaires. Est-il par exemple nécessaire de mobiliser tant d'agents de la police municipale sur le marché le dimanche matin alors qu'ils pourraient être présents dans les quartiers? Enfin, avec notre groupe, nous avons voté il y a plus d'un an l'installation de la vidéosurveillance qui tarde à être opérationnelle, même si nous savons qu'elle ne saurait à elle seule remplacer la présence humaine.

 

Mais nous savons également qu'une politique de sécurité ne pourra être efficace que si elle s"attaque aux vraies racines du mal: la dégradation du cadre de vie, le désoeuvrement de beaucoup de jeunes, l'absence d'emplois dans la commune…

 

Qui ne voit par exemple que la présence de commerces vacants contribue à la dégradation du centre commercial de la Croix Blanche? Qui ne perçoit que la politique du logement aux Courtilleraies conduit à regrouper dans un même quartier les populations en difficulté? 

 

Ceci nécessite bien sûr une politique économique et sociale plus juste au niveau national.

 

Mais  notre commune peut également jouer son rôle en agissant notamment dans 5 directions:

 

1. préparer l'avenir des plus jeunes en investissant dans l'éducation, alors qu'aujourd'hui les budgets reculent dans la commune. Le soutien aux colonies de vacances y contribue également. Car chacun comprend bien que des enfants qui restent seuls au Mée pendant que leurs parents travaillent, risquent de chercher à s'occuper autrement.

  

2. agir en faveur de l'emploi. Il nous faut encourager le travail des associations qui interviennent dans le domaine de l'insertion, mais aussi sauvegarder les emplois existants. A cet égard, la disparition des laboratoires Nycomed remplacés par la Mairie et les menaces pesant sur le Centre de Gestion de la Fonction Publique territoriale derrière la Gare ne sont pas une bonne nouvelle.

 

3. assurer le maillage des quartiers en services publics et non les retirer comme c'est actuellement le cas avec le départ de la monétique, de la Mairie annexe, et de la vie sociale de l'Allée de la Gare.

 

4. adosser une véritable politique d'accompagnement social au projet de renouvellement urbain. Car les millions dépensés dans des opérations de démolition/reconstruction ne serviront à rien si le quotidien des habitants est ignoré.

 

5. développer le lien social, notamment en libérant les initiatives associatives. Il conviendrait par exemple, comme nous l'avions proposé dans notre projet en 2008 de faire de la Maison des Associations, place Nobel, une "ruche" associative, accueillante et ouverte sur son environnement.



[1]Depuis plusieurs semaines, je reçois régulièrement des commentaires sur ce blog, commentaires envoyés sous pseudonyme mais provenant d'une même adresse IP, et dont certains signalent qu'on me surveille de près. Même si je ne les ai pas publiés du fait de leur teneur peu respectueuse, je considère que le débat public n'autorise pas toutes les dérives.