Mémoire et réconciliation

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Entouré des responsables de la FNACA

 

 

 

 

 

Entouré des responsables de la FNACA départementale à l'issue du vote de la motion ue j'avais présentée en janvier 2012.

 

 

 

 

 

 

 

Dans le cadre de mes fonctions au Conseil général, chargé de  la vie associative et des initiatives citoyennes, je me suis rendu ce matin à Nangis, à la clôture de l’Assemblée générale départementale de l’Union Fédérale des Associations de Combattants et Victimes de Guerre (UFAC).


Au cours de mon intervention, j’ai voulu insister sur le rôle conjoint qu’associations et élus jouons au service de l’éducation à la mémoire de nos concitoyens et en particulier des plus jeunes d’entre eux.


Nous avons la chance de vivre dans un pays en paix. Mais chaque jour nous montre combien notre environnement demeure menaçant. Pour promouvoir ce travail de mémoire, le Conseil général intervient à travers ses différents outils : les subventions aux associations, l’action dans les collèges ou le travail engagé avec les Archives Départementales. Nous l’avons fait également en aidant à la création du Musée de la Grande Guerre à Meaux. Et dès l’année prochaine commenceront les célébrations du centenaire de la première Guerre mondiale dont notre Département garde de nombreuses traces.


Dans le même esprit, j’avais participé il y a quelques mois au congrès départemental de la FNACA qui regroupe de nombreux anciens combattants de la Guerre d’Algérie.


A cette occasion, j’avais rappelé le soutien que j’apportais à leur revendication de voir le 19 mars reconnu comme date officielle de la fin de la guerre d’Algérie. Ce soutien, je l’avais notamment matérialisé en faisant adopter par le Conseil général une motion de soutien à la date du 19 mars, lors de sa séance de janvier 2012.

Dans à peine deux jours, nous célèbrerons le 51ème anniversaire du 19 mars 1962. Alors que cette guerre a meurtri des deux côtés de la Méditerranée, il aura pourtant fallu attendre 1999 pour que la loi retienne le terme de « guerre d’Algérie », plutôt que celui « d’opération de maintien de l’ordre ». Il s’agissait bien sûr d’une guerre. Elle a duré près de dix ans et a emporté des milliers de vies.

L’Etat a longtemps tergiversé, évitant jusqu’à cette année de s’associer à la commémoration du 19 mars, célébrée de leur côté par les associations. Cette date est pourtant la conséquence des accords signés à Évian qui ont fixé la fin des opérations militaires sur le territoire algérien à la date du 19 mars 1962 à midi. Ces accords, fruit d’un compromis politique, furent approuvés à plus de 90 % lors du référendum du 8 avril 1962.

Comme toutes les guerres, la Guerre d’Algérie a eu son lot de courage, mais aussi d’horreurs et d’arbitraire. Et le cessez-le-feu n’a pas empêché la poursuite de violences. En quittant leur terre natale, rapatriés d’Algérie ou harkis, ont payé un lourd tribut.

Mais au-delà, ce sont aujourd’hui, 6 millions de personnes vivant en France qui ont une part de leur vie liée à l’Algérie : pieds-noirs, harkis, algériens et français d’origine algérienne…

Pour la première fois mardi prochain, la date du 19 mars sera célébrée officiellement. A la suite du vote du Sénat intervenu cet automne et de l’engagement de la majorité parlementaire, nous célèbrerons partout en France la journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. Pour la première fois, le Gouvernement prendra part à cette journée.

Pour ma part, comme conseiller général, je ferai déposer une gerbe au Mée-sur-Seine. Et je serai présent en soirée au côté des adhérents de la FNACA de notre canton à l’Arc de Triomphe.

Nous devons cet hommage à toutes les victimes, et à toute une génération, celle de mes parents, qui a été durablement marquée par cette tragédie. Nous le devons également à l’indispensable réconciliation entre les deux rives de la Méditerranée.