Menaces sur l'école

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Lundi soir, je me suis rendu devant la cité administrative à Melun pour manifester la solidarité de la majorité du conseil général à l’égard des enseignants et des parents d’élèves qui, pendant cinq heures, débattaient en plein air des moyens insuffisants accordés par l’Etat à l’éducation en Seine-et-Marne.  Un seul exemple : à la rentrée prochaine, seuls 23 postes d’enseignants devraient être créés dans le département alors que l’on attend 1.400 élèves supplémentaires.

Une classe menacée de fermeture à l’école Lapierre au Mée

C’est à cette occasion que j’ai rencontré des parents de l’école Lapierre au Mée venus manifester leur inquiétude après avoir découvert qu’une classe était menacée de fermeture. Ce projet, dont pour ma part, je n’avais jamais été avisé, m’est apparu comme bien soudain. Après vérification de l’information, j’ai décidé d’adresser aussitôt un courrier à l’inspecteur d’académie pour qu’il renonce à cette décision. Ce choix, s'il devait se concrétiser, serait d’autant plus incompréhensible que la livraison prochaine des nouveaux logements rue du Pressoir devrait amener des élèves supplémentaires dans le courant de l’année scolaire 2010-2011.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que notre commune subit, elle aussi, le désengagement de l’Etat et du Gouvernement en matière d’éducation. Il y a déjà deux ans, la volonté de supprimer des postes de RASED (aide et soutien aux élèves en difficulté) avait amené notre groupe d’élus à faire adopter une motion au conseil municipal pour rappeler la priorité qu’il fallait donner à l’éducation dans notre commune. Il avait fallu trois conseils municipaux pour obtenir un ralliement de la majorité municipale à cette motion. Cette année encore, l’inspection d’académie a procédé à la fermeture d’une classe de CLIS (destinée à des élèves confrontés à des difficultés importantes) à l’école Fenez pour la transférer plus au nord dans le département.

Il s’agit bien sûr là d’une conséquence concrète des choix gouvernementaux de supprimer des postes d’enseignants partout en France, posant ainsi la question des priorités dans notre pays.

Les choix budgétaires de la majorité municipale pénalisent eux aussi les écoles du Mée.

Seul un discours clair en la matière et des pratiques cohérentes nous permettront de combattre efficacement les menaces qui pèsent sur le système éducatif dans notre Ville.

A cet égard, je ne peux que me réjouir de la présence d’élus de la majorité municipale, à mes côtés, lors du rassemblement de lundi soir. Mais je m'interroge sur leur capacité à combattre effectivement ces menaces dès lors que le Maire du Mée est membre d'un parti politique qui, au Gouvernement, participe à la suppression massive de postes d’enseignants.

Il n’est pas non pkus très cohérent de dénoncer les fermetures de classes au Mée et d’opérer des choix budgétaires dans la commune qui, eux aussi, pénalisent gravement nos écoles et la jeunesse.

J’en veux pour preuve le débat que nous avons eu le 28 avril dernier lors du conseil municipal consacré au compte administratif 2010 et au budget 2011 (voir la page de ce blog: « Interventions sur les finances de la Ville au conseil municipal du 28 avril 2011"). Au vu des chiffres publiés, nous avons à nouveau constaté que les crédits de fonctionnement consacrés à l’éducation ou à la jeunesse poursuivent leur dramatique recul.   En voici trois exemples :

-          le total des crédits de fonctionnement alloués au scolaire est passé successivement de 393.839 euros en 2008 à 258.634 euros en 2009 et 206.834 euros en 2010, soit une baisse de près de 200.000 euros en deux ans.

-          la disparition de l’aide aux colonies de vacances a été confirmée. Les 74.278 euros qui y étaient encore consacrés dans le compte administratif 2009 sont passés à 0 en 2010.

-          les crédits regroupés sous l’intitulé « somme jeunesse » ont été divisés par 2 en 2 ans. 72.326 euros en 2008, 36.886 euros en 2010.

Bien évidemment, le Maire a contesté ces chiffres… oubliant seulement qu’ils étaient issus des documents qu’il nous avait lui-même communiqués !

Pour être acceptables, les économies recherchées par les collectivités publiques doivent être équitablement réparties. Mais au Mée, les choix opérés creusent les inégalités. D’un côté, le Maire achète une nouvelle Mairie et endette la commune (les intérêts de la dette ont progressé de 18,6% entre 2009 et 2010 !), de l’autre il réduit les crédits en faveur des écoles et de la jeunesse.

Ceci n’est pas sans nous rappeler le gouvernement UMP-Nouveau Centre qui d’un côté annonce la disparition de l’ISF pour 300.000 contribuables et de l’autre supprime plus de 16.000 postes d’enseignants.