Quand le Maire réécrit l'histoire ...

Publié le

Photo 081C’est dans la nouvelle Mairie du Mée que j’ai découvert hier ce tract du Maire, financé par l’argent des contribuables, barré d’un grand titre « L’ancienne Mairie est vendue ! ».

 

Ouf ! A-t-on envie de dire après quatre ans d’un feuilleton à rebondissements et trois promesses de vente. L’empressement du Maire à communiquer sur cette vente est d'ailleurs visiblement proportionnel à sa peur de ne jamais y arriver.

 

On aurait pu espérer dans ces conditions une analyse objective des conditions du transfert de la Mairie. D’omission en approximation, on assiste pourtant dans ce tract à une réécriture complète de l’histoire de ce transfert.

 

Le Maire voudrait d’abord faire croire que le transfert de la Mairie est le fruit d’un grand travail d’anticipation. Rappelons-nous pourtant que la décision d’acheter des laboratoires pharmaceutiques pour les transformer en Hôtel de Ville en mai 2009 a fait l’effet d’une « bombe » à l’époque. J’ai moi-même découvert le projet de délibération en fin d’une commission municipale appelée à statuer sur la question alors que le sujet n’était même pas inscrit à l’ordre du jour. Aucune information ni concertation n’a précédé la décision d’achat, sujet qui n’avait jamais été évoqué non plus lors de la campagne des élections municipales à peine un an auparavant. Jusqu’au bout d’ailleurs, le Maire a refusé la transparence au risque de se contredire lui-même. En méconnaissance du vote du conseil municipal de novembre 2011, il n’a ainsi pas présenté aux conseillers municipaux l’acte de vente définitif de l’ancienne Mairie.

 

Tout aussi inquiétant : l’achat de la nouvelle Mairie a été engagé sans qu’un repreneur de l’ancienne Mairie n'ait été recherché à l’époque. Imaginez-vous, pour votre part, acheter une nouvelle Maison sans avoir recherché un acquéreur pour votre logement actuel? C’est bien ce manque d’anticipation qui a expliqué les plus de quatre ans qui se sont écoulés entre la décision de changer de Mairie et la vente de l’ancienne Mairie, avec à la clef près de 134269 euros d’intérêts dépensés en pure perte.

 

Le Maire voudrait ensuite nous faire croire qu’il s’agit d’une opération équilibrée financièrement. Pour cela il publie un tableau censé montrer un léger bénéfice. Mais dans sa démonstration, il se borne à compter dans les dépenses engagées le coût d’achat de la Mairie, les frais notariés et les intérêts de l’emprunt. Il oublie … les frais de transformation d’un ancien laboratoire en Mairie, les travaux nécessaires à l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap, l’aménagement de bureaux, le renouvellement d’une partie du mobilier, le coût du déménagement. Il ne dit rien non plus du coût d’entretien de l’ancienne Mairie pendant les trois ans où elle est restée fermée. Bref, le soi-disant équilibre financier se transforme rapidement en perte sèche financée par les contribuables! 

 

Le Maire voudrait enfin faire croire qu’il s’est appuyé sur une démarche de développement durable et sur le lancement de l’Agenda 21 pour décider du transfert de la Mairie. Un argument qui prêterait à sourire quand on sait que la démarche d’Agenda 21 est restée lettre morte jusqu’à ces derniers mois. Mais cet argument est surtout contredit dans les faits. Comment expliquer en effet que la municipalité qui se présente comme si soucieuse du développement durable ait choisi d’acquérir d’anciens laboratoires, classés en G sur une échelle de A à I, c’est-à-dire une passoire énergétique ? Comment expliquer que les dépenses en chauffage et en eau de la commune explosent depuis l’achat de la nouvelle Mairie ? Où en sont les travaux d’isolation de la nouvelle Mairie ?

 

Chacun le comprend bien. Profondément ébranlé, le Maire du Mée veut justifier a posteriori un choix hasardeux.

 

Il est à craindre pourtant que la page de cette décision malheureuse ne soit pas définitivement tournée. La SRPI Torcato Antunes qui a eu tant de mal à réunir les fonds pour acheter l’ancienne Mairie doit désormais la transformer en logements. Où va-t-elle trouver l’argent ? Comment s’assurer de la qualité des bâtiments futurs ? Sur quelle durée s’engage le nouveau propriétaire ?

 

Sur tout cela, la « Lettre du Maire » demeure bien discrète et se borne à écrire : « Ils vont être transformés en une quarantaine de logements en location et en accession. »

 

 

Suite au prochain épisode ?