Rénovation urbaine: quels enseignements tirer des autres communes?

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renouvellementurbainA l'heure où le projet de rénovation urbaine du Mée se résume notamment à une intense campagne de communication et à des centaines de milliers d'euros dépensés pour tenter de reloger des commerces et activités menacés de disparition par les projets de destruction d'immeubles dans lesquelles ils se trouvent, nous avons voulu aller voir quels résultats avaient donné les projets de rénovation urbaine dans d'autres communes.

 

Cela tombe bien, le Comité d'Evaluation et de Suivi (CES) de l'ANRU (Agence Nationale de Rénovation urbaine) vient de publier son dernier rapport "La rénovation urbaine à l'épreuve des faits". Cinq ans après le début du programme national de rénovation urbaine, il a procédé à un premier bilan des effets urbains et sociaux de ce plan en évaluant les effets de la rénovation urbaine sur dix sites emblématiques.

 

Ce ne sera pas une surprise pour celles et ceux qui s'interrogent sur la qualité du projet porté par notre commune, le CES de l'ANRU relève qu'en dépit du nombre de réalisations, le programme national de rénovation urbaine n'atteint pas ses objectifs de mixité sociale en raison d'une insuffisante articulation avec les politiques sociales.

 

Au-delà du caractère parfois inadapté des programmes réalisés qui se traduisent par exemple par une forte augmentation des loyers restant à la charge de revenus modestes ou par l'absence de diversification des quartiers concernés (commerces, activités…), le CES de l'ANRU met en évidence les difficultés rencontrées pour résoudre la question majeure de l'attractivité des quartiers en difficulté.

 

Le CES regrette ainsi l'insuffisante articulation entre la construction de logements et les interventions sur les équipements scolaires, l'école étant pourtant source de mixité. Il relève également que l'ANRU n'a pas suffisamment réfléchi en termes de projets globaux. En d'autres termes, trop centrée sur la question du bâti, l'action de l'ANRU a largement laissé de côté les questions de transports, de développement économique, de développement durable ou d'éducation.

 

Les réflexions du CES de l'ANRU résonnent étrangement à nos oreilles au Mée.  Nous n'avons jamais cru pour notre part que le projet de rénovation urbaine pouvait constituer la panacée universelle, comme certains le prétendent. Nous nous sommes également inquiétés du coût pour la commune de ce projet. Car outre les 9 millions d'euros à la charge de la commune, celle-ci doit également payer la part de ses partenaires dans l'attente du versement des subventions. C'est un pari risqué lorsque l'on sait que la pérennité des financements de l'ANRU n'est pas assurée, en particulier de la part de l'Etat.

 

 

 

Il n'est pas interdit de tirer des enseignements pour Le Mée des difficultés rencontrées dans les autres communes. Ceci suppose de ne pas s'arc bouter sur un projet conçu sans réelle cohérence.

 

Si nous avons ainsi toujours insisté sur la nécessité de sécuriser et de résidentialiser les ensembles immobiliers, comment expliquer par exemple qu'il faille détruire 150 logements récents et en bon état au moment où le Maire prétend qu'il manque 650 logements dans la commune.

 

L'amélioration de la vie quotidienne des habitants ne sera possible qu'à plusieurs conditions:

- articuler les politiques urbaines et de développement économique de la commune, à l'heure où de nombreux commerces ferment;

- donner la priorité à l''éducation et non réduire les crédits en faveur des écoles de premier degré comme cela se pratique aujourd'hui;

- maintenir des services publics de proximité dans les quartiers aujourd'hui menacés de transfert dans la nouvelle Mairie,

- relancer la politique de la Ville au niveau national.

 

 

Ceci nécessite enfin une véritable écoute des habitants. Car les défauts initiaux du projet de rénovation urbaine continueront à s'accroître si la Mairie du Mée continue à confondre concertation des habitants et opération de communication.