Un budget en trompe-l'oeil

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Photo 271Depuis plusieurs années les finances de la commune du Mée souffrent. La dette de la commune a augmenté de 30% depuis 2008 et dépasse les 26 millions d’euros fin 2012, soit 1258 euros par habitant (contre 1050 € en moyenne pour les communes de même taille). Chacun comprend bien que la dette d’aujourd’hui, ce sont les impôts de demain.


Cela n’a pas empêché la municipalité de présenter une vision idyllique de sa gestion lors du conseil municipal du 28 mars, passant sous silence des dérapages dans les dépenses de fonctionnement, les retards pris dans les investissements annoncés et l'accroissement de l’endettement de la commune.



Prenons ainsi l’exemple des investissements et l’exemple de la dette. Lors de la préparation du budget 2012, le Maire avait à la fois annoncé plus de 13 millions d’euros de dépenses d’équipement et une réduction de la dette de 2 millions d’euros. Au final, en 2012, les dépenses d'équipement se sont limités à 6 millions d’euros (moins de 50% de ce qu’il avait annoncé) tandis que la dette a augmenté de 500.000 euros par rapport à fin 2011. Ce sont notamment l’espace emploi, le transfert du poste de police nationale ou le local des jeunes aux Courtilleraies qui ont pris des retards importants et pour lesquels il faudra trouver de nouveaux financements en 2013.

En parallèle, l’ancienne Mairie dont la vente devait intervenir en 2012 est toujours à la charge de la commune, grevant  la dette et les charges de fonctionnement. Guère étonnant dans ces conditions que non seulement la dette ait progressé en 2012 mais aussi les intérêts d’emprunt qui dépassent le million d’euros par an.

 

La municipalité multiplie les effets d’annonce et reporte les difficultés sur demain.



Ceci s’est confirmé au moment du budget, montrant que les enseignements du passé n’ont pas été tirés. Alors que pour préparer un budget, toute famille commence par regarder les dépenses effectivement réalisées au cours de l’année passée, le Maire du Mée a préféré s’en abstraire et se fonder sur son budget de l’année précédente.

 
Résultat : après nous avoir expliqué en 2012 qu’il avait maîtrisé les dépenses de fonctionnement, ces dernières progressent de 7% dans le budget 2013 par rapport au réalisé 2012. Et certains chiffres donnent le vertige : +36% pour le chauffage urbain, +10% pour les dépenses en eau, +27% pour les honoraires, +8,5% pour les catalogues et imprimés … Soit la commune s’apprête à de profonds dérapages à à peine un an des élections municipales, soit ces chiffres sont irréalistes.


Même interrogation pour les dépenses d’investissement. Le Maire annonce 20,8 millions d’euros en 2013. Un chiffre surprenant quand on sait qu’il a peiné à atteindre 6 millions d’euros de dépenses d’équipement en 2012.


Qui peut imaginer d’ailleurs que l’on puisse dépenser plus de 20 millions € d’investissement sans continuer à augmenter la dette ? C’est pourtant l’exercice périlleux auquel s’est livré le Maire. Passant sous silence les 5,9 millions € que devra contracter la commune pour financer les investissements reportés de 2012 sur 2013, il n’a pas hésité à prétendre que la dette reculerait en 2013. Les chiffres pourtant sont têtus : le budget 2013 fait apparaître une nouvelle progression de la dette pour atteindre 28,6 millions d’euros fin 2013, soit 1379 euros par habitant. Consciente de cette dérive supplémentaire, la municipalité a d’ailleurs dû budgéter une nouvelle augmentation des intérêts de la dette : +12% par rapport au réalisé 2012.



Dans une période difficile, on attend des élus qu’ils présentent des budgets crédibles et soucieux des capacités financières des habitants. Plutôt que des annonces jamais suivies d’effet, les Méens attendent compétence et transparence.